Là où il y a groupe : il y a conception, globalisation générale plus ou moins réfléchie de l’existence en générale ou de tout autre chose en particulier.
Intégrer un concept, adhérer à courant de pensée, s’appliquer à une façon de faire ou de penser en raison de, échafauder un idéal : n’est pas penser.
Penser, en premier, c’est s’interroger pour ensuite poser en analyse tous types d’informations confondus, simples et complexes, au banc d’une méditation rigoureuse. Peser, soupeser, évaluer, différencier. Réfléchir sur la causalité jusqu’à en découvrir un principe satisfaisant.
Concernant le soi, le principe de différenciation doit nous amener à évaluer nos différences comme étant une question d’individu et non d’appartenance à un groupe ou un genre.
Cette approche peut être possible par la méditation de la chose et du phénomène en général, en remontant le fil des causes successives, visualisables sous forme de cercles concentriques.
On ne peut se différencier véritablement en se définissant comme appartenant à un « sous » groupe, car on est encore dans l’identification. Et s’identifier à un groupe qu’il soit social, familiale, ethnique (etc..), c’est à terme cloisonner arbitrairement les limites de l’évolution de sa pensée, de son soi en rapports aux idées reçues, savoirs et autres communs. Ces conceptions sont vaguement mais sûrement démarquées par le collectif moyen des dits groupes quelque soit le nombre qui les composent, et contiennent le paradoxe de l’absolu-relatif, « l’indépêtrable » par définition.
S’identifier en appartenance à un groupe c’est en rejeter plus ou moins les autres et se mettre en position de souffrir et de faire souffrir.
Par contre se définir dans l’individualité c’est intégrer tout et tout à chacun à quelque groupe qu’il puisse s’identifier encore. Libéré de ce besoin d’intégration, puisque en soi intégrant.
Masculin-Féminin Exemple manifeste de détermination. "Cause" entendue que tout le monde vit.
Déterminer globalement la sensibilité comme propre du féminin, et la force comme propre du masculin : c’est limiter l’évolution des individus tous sexes confondus :
- Pour l'individu de sexe masculin, c'est le limiter (entre autres) à l’expression de son corps physique et inviter toutes les dérives que l’on sait. C’est lui interdire entre autre sa part sensible. Alors que celle-ci fait partie du tout humain, masculin ou féminin.
- Par opposition, limiter la femme à sa seule part sensible : c'est lui interdire tout les attributs de l'action, qu'ils soient physiques ou intellectuels......
Conditionner les épanouissements, les faire se développer en rapport à des moules déterminés, a participé des atrophies et des hypertrophies aliénantes qui se sont accentuées au fil des générations. Phénomènes qui ne seraient pas si bien développées sans cette magnifique supercherie!!!!.
Un homme sensible et délicat est il moins un homme, une femme qui serait une force de la nature serait elle moins femme ?
Ne voit-on pas (mais avouons que c’est un bon début), qui avec plus ou moins d’opportunisme ou de sincérité, des écoles fleurirent qui proposent «une autorisation » pour l’homme à vivre sa partie féminine et inversement pour la femme sa partie masculine.
Mais la question a-t-elle bien été posée ? Qui a définit que telles ou telles qualités, énergies (etc..), étaient le propre d’un genre ou d’un autre, à partir de quand, à la lumière de quoi, pour qui pour quoi ?
Que, untel ou unetelle soit plus ou moins ceci ou cela, n'est pas affaire d'appartenance à un sexe mais propre à son individualité.
Ces compartimentations de rôles qui ont pu répondre d’une nécessité, à un temps donné, à circonstances précises, dans les grands et moyens cycles historiques, sont devenus des icônes de référence auxquelles en s’identifiant définissent un cadre rassurant qui promet une évolution sécurisée dans le monde ou nous vivons.
Bien évidemment et on peut le comprendre, il est plus facile de se caler sur ces définitions parce qu’en règle générale elles déterminent ce les uns et les autres sont sensés attendre des uns et des autres . Ca a le mérite d’être clair, et cela garantit plus ou moins un avenir et permet à l’individu de se projeter. En cela et à temps raisonnable : c’est positif.
A proportions variables, l’individu se sera développé en relation avec ces « autorisations » et « canalisations », mais ce n’est pas une fin.
Cette sécurité éphémère une fois « assurée » se doit d’être un tremplin à la poursuite du développement de soi, à savoir l’éclosion puis la croissance de la pensée libre donc autonome. (Il ne s’agit de réinventer le courant de pensée dit « la libre pensée » dont les termes, bien souvent, ont été galvaudés et réappropriés par des associations de joyeux démons en goguette).
Sur le parcours du chemin individuel, si ces vues de l’esprit ne sont pas démystifiées, elles édifient des prisons en gigogne.
Et combien sont ankylosés par la peur de perdre ces valeurs et leurs fruits. Quand bien même, à terme et à répétition, l'adhésion, la pratique et la consommation de ces derniers s’avèrent systématiquement amères. Et consument leurs énergies restantes et autres capacités intellectuelles à étayer pour un avenir projeté toujours et encore plus loin, sur base même de ce présent tronqué. La boucle est bouclée.
Jamais aucune sécurité sur terre ne sera définitivement ni totalement acquise. Vouloir en passer par là pour commencer à cheminer c’est fuir autant que se mentir. C’est se priver de l’expérience véritable et de la libération qu’elle contient.
Faut-il à son échafaudage y mourir pendu quinze fois,
Pour comprendre qu’on ne construit pas un pont pour traverser la mer.
Vous n’avez qu’une petite coquille qui tangue,
Armée d’une voilure incertaine,
A la merci de tous les vents,
Au gouvernail sur lequel vous n’avez pas la main,
C’est inquiétant,
Mais vous l’avez, et n’avez que ça,
Et c’est avec cela seulement que vous pourrez la traverser,
Cesser de vous consumer à étayer cette sécurité qui vous échappe
Embarquez !!!
Pour autant, en aucun cas il faut rejeter tout en bloc , mais
appréhender les groupes quel qu'ils soient, auxquels vous appartenez ou non, comme non plus une finalité ou au contraire une aberration, mais comme autant de passages possibles.
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