Philosophie
  L’AMOUR JETTE UN PONT   
 

Peu  à peu, l’amour s’ennoblit, évolue, se purifie, et développe un espace inviolable de bonheur. Quand deux être purifiés par les épreuves intégrés, puis, enfin réunis par l'amour révélé, leur énergie ne dépend plus de l'extérieur, elle ne s’ajoute plus seulement mais se multiplie, elle s’auto-génère dans la caresse d'un enlacement  équilibré sans cesse renouvelé. L’un uni à l’autre, ils trouvent en eux toute la ressource nécessaire aux combats et aux réalisations. Et leur bonheur va croissant.

Au commencement, une autre magie de l’amour est de donner la volonté de franchir les  passages successifs, qui s'affranchissent au prix de violents deuils de ses  illusions sur soi comme de par ailleurs.

L'amour est d'abord une force d'engagement. L'engagement pour des expériences éprouvantes de maturation. L'ensemble de ces expériences, qui font grandir l'être s'appelle : Chemin.

Sur le chemin du devenir, la capacité de donner délibérément  tout pouvoir à l’amour, et choisir l’engagement qu’il suggère , n’est pas un acquis qui s'épuise à mesure, mais au contraire une force qui se conquière elle aussi chèrement, laborieusement et péniblement.

Si tous, légitimement, nous convoitons dans l’idée un amour merveilleux, peu ont totalement développé la maturité qui convient pour celui ci.

Alors le "gardien du seuil" veille à en interdire l’accès, en insufflant à l’être qui n’est pas mure, un rejet inconscient et toutes les attitudes consécutives. Et renvoie le pèlerin dans la marre aux soucis quêter la réponse, clé du prochain passage.

Aux premiers balbutiements, quand  de l’amour de l’autre,

- on  ne sait encore qu’en absorber les substances, tel un/une éternel enfant qui boit le lait de la mère à tous les seins, et qu’on abuse de l'amour de l'autre afin d’obtenir ce qu’il/elle ne donnerait pas de lui/d'elle-même librement,

- et crescendo, de se rassurer sur de l’idée d’un pouvoir sur l’autre afin de  compenser un endroit où soi même on se sentirait vulnérable ou insuffisant,

- et quand on ne sait pas encore  seulement deviner ce que l’autre peut attendre légitiment de soi,

Immanquablement le fluide le plus noble ne peut que s'engouffrer dans les ténèbres.

Faire le premier pas vers l’autre qu’on aime….
Demande beaucoup de courage.
Ce premier pas est le commencement

Il ne vous dispense pas
De votre moitié de chemin vers lui/elle.
Le reste c’est de la machination…

 

L'alchimie ou le chemin de l'amour :
Sans amour point de pensée,
point de vérité,
point de chemin
point de liberté
et point d'amour.
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  LES IMITATIONS  
 

Des reflets de la lune à la lumière du soleil

De la qualité à la vertu
La gentillesse est une imitation de la Bonté
La modestie une imitation de l’Humilité
Le service une imitation du Don
Et un ainsi de suite

Comment se reconnaître dans tout cela ?

L’exercice des qualités dépend des circonstances, des objectifs et motivations conscientes et inconscientes de chacun. Ces objectifs peuvent être matériels psychologiques ou mystiques (la force de travail une qualité mise à profit d’une acquisition d’un bien matériel, la gentillesse, le courage à la tâche, peuvent répondre d’un besoin de reconnaissance sociale, familiale, intellectuelle, ethnique voir même pour gagner les grâces de Dieu pour ceux qui ont appris d’un œil, qu’il pouvait y avoir un filon par là).

La vertu se reconnaît à cette différence ; qu’elle donne de manière anonyme, et consciemment à ses dépends s’il le faut. Et que par-dessus tout il lui est devenu littéralement impossible d’agir autrement quelqu’en soient les circonstances et le prix à payer.

La qualité n'est pas moindre que la vertu en ceci qu'elle la contient en devenir, ainsi que le processus pour cela, et celui-ci qui commence par l'imitation. Elle est donc salutaire.

La qualité n’est qu’un reflet. Derrière se cache une ombre informelle pleine de nos prétentions, de nos certitudes chargée de prosélytisme et de notre orgueil et donc d’agressivité. Cette contradiction fondamentale génère de part et d’autre des effets néfastes comme des trahisons à formes diverses et variées. C’est l’effet miroir.

Ce vide dont on ignore tout fondamentalement et jusque l’existence même, c’est indirectement par ses effets néfastes qu’on va en cerner peu à peu le contenu.

Des questions finissent par s’imposer à nous à force de ces expériences douloureuses. Elles pénètrent alors le mystère, comme le frappement à une porte et font émerger des réponses qui vont remplir peu à peu l’espace vide et se transformer en lumière, la lumière de la compréhension, et puis de la révélation.

 
     
 
 
     
  ADORER N'EST PAS AIMER  
 

Adorer n’est pas aimer, mais au contraire, c’est une croyance décalée. C’est définir une valeur subjective et trouver la sienne propre en rapport à celle ci : c’est se mettre en dépendance et plus tard en esclavage.

Pour l’enfant et jusqu’à la mue seulement mettre une personne (un parent) sur un piédestal répond d’un instinct de survie qui n’est justifié et nécessaire que pendant l’enfance.

Cette «  foi primaire » d’enfant « en » l’autre, doit faire place à la confiance (sentiment d’adulte) et celle-ci doit être justifiée d’individu à individu, quel qu’il soit, toutes mesures reconsidérées. Le lien d’adoration doit évoluer en amitié dans le meilleur des cas, ou être rompu si de part et d’autre il n’y pas la même évolution, entendement.

Sur le long, à l’âge de raison, vouloir encore se protéger d’un sentiment négatif que pourrait provoquer la découverte de la réalité des choses et de(s) l’autre(s) « adoré », fuir ces réalités : c’est fuir la sienne propre. Persister à nier les ombres : c’est en devenir la proie. Elles finissent par diriger en maître exclusif à divers degrés, nos pensées et en conséquence nos vies. Et nous perdons le sens d’acquérir la vraie liberté. Et nos gesticulations atteignent et blessent indifféremment aussi ceux qui savent nous aimer vraiment.

Parce qu’elle en dépendrait : la vraie foi intime ne doit et ne peut passer par l’adoration d’une tierce personne ou de quoi que ce soit d’autre, même d’une religion (qui peut être un support, non un passage obligé). Sinon aux moments des épreuves, à cause de la confusion, de refouler tout en bloc, de nier la vraie foi et l’amour plutôt que d’y quêter la ressource. Et de se retrouver nu comme au premier jour alourdi d'un sentiment de honte, toutes colères dehors.

Au fil du temps, les remises en question seront de plus en plus difficiles. Et on s’évertuera à développer des réflexes d’autoprotection contre l’alternative (dont on pourra même tirer de l’orgueil), et qui deviendront indépendants de soi. Nous nous laissons prendre de vitesse par nos propres paroles, et on se fait aspirer dans un cercle vicieux qui fait boule de neige. On devient le dealer, autant que le junky, d’un commerce d’excuses, et de négocier à n’en plus finir les compensations et compromissions, à s’en faire exploser la tête. Et de perdre la capacité de voir qui ou quoi parle, la tête ou le cœur , et de s'en remettre encore à tierce et de préférence dans la gueule du loup, bon pour un autre tour de manège.

Et ainsi d’héritage en héritage.
La chenille reste chenille
Prisonnière dans l’estomac de Saturne.
Et aucun papillon ne sort d’aucune chrysalide.
 
  LA PENSEE DIFFERENCIEE
(mieux vaut pensez quelque chose de faux que croire quelque chose de vraie !)
 
 


Là où il y a groupe : il y a conception, globalisation générale plus ou moins réfléchie de l’existence en générale ou de tout autre chose en particulier.

Intégrer un concept, adhérer à courant de pensée, s’appliquer à une façon de faire ou de penser en raison de, échafauder un idéal : n’est pas penser.

Penser, en premier, c’est s’interroger pour ensuite poser en analyse tous types d’informations confondus, simples et complexes, au banc d’une méditation rigoureuse. Peser, soupeser, évaluer, différencier. Réfléchir sur la causalité jusqu’à en découvrir un principe satisfaisant.

Concernant le soi, le principe de différenciation doit nous amener à évaluer nos différences comme étant une question d’individu et non d’appartenance à un groupe ou un genre.

Cette approche peut être possible par la méditation de la chose et du phénomène en général, en remontant le fil des causes successives, visualisables sous forme de cercles concentriques.

On ne peut se différencier véritablement en se définissant comme appartenant à un « sous » groupe, car on est encore dans l’identification. Et s’identifier à un groupe qu’il soit social, familiale, ethnique (etc..), c’est à terme cloisonner arbitrairement les limites de l’évolution de sa pensée, de son soi en rapports aux idées reçues, savoirs et autres communs. Ces conceptions sont vaguement mais sûrement démarquées par le collectif moyen des dits groupes quelque soit le nombre qui les composent, et contiennent le paradoxe de l’absolu-relatif, « l’indépêtrable » par définition.

S’identifier en appartenance à un groupe c’est en rejeter plus ou moins les autres et se mettre en position de souffrir et de faire souffrir.

Par contre se définir dans l’individualité c’est intégrer tout et tout à chacun à quelque groupe qu’il puisse s’identifier encore. Libéré de ce besoin d’intégration, puisque en soi intégrant.

Masculin-Féminin Exemple manifeste de détermination. "Cause" entendue que tout le monde vit.

Déterminer globalement la sensibilité comme propre du féminin, et la force comme propre du masculin : c’est limiter l’évolution des individus tous sexes confondus :

- Pour l'individu de sexe masculin, c'est le limiter (entre autres) à l’expression de son corps physique et inviter toutes les dérives que l’on sait. C’est lui interdire entre autre sa part sensible. Alors que celle-ci fait partie du tout humain, masculin ou féminin.
- Par opposition, limiter la femme à sa seule part sensible : c'est lui interdire tout les attributs de l'action, qu'ils soient physiques ou intellectuels......

Conditionner les épanouissements, les faire se développer en rapport à des moules déterminés, a participé des atrophies et des hypertrophies aliénantes qui se sont accentuées au fil des générations. Phénomènes qui ne seraient pas si bien développées sans cette magnifique supercherie!!!!.

Un homme sensible et délicat est il moins un homme, une femme qui serait une force de la nature serait elle moins femme ?

Ne voit-on pas (mais avouons que c’est un bon début), qui avec plus ou moins d’opportunisme ou de sincérité, des écoles fleurirent qui proposent «une  autorisation » pour l’homme à vivre sa partie féminine et inversement pour la femme sa partie masculine.

Mais la question a-t-elle bien été posée ? Qui a définit que telles ou telles qualités, énergies (etc..), étaient le propre d’un genre ou d’un autre, à partir de quand, à la lumière de quoi, pour qui pour quoi ?

Que, untel ou unetelle soit plus ou moins ceci ou cela, n'est pas affaire d'appartenance à un sexe mais propre à son individualité.

Ces compartimentations de rôles qui ont pu répondre d’une nécessité, à un temps donné, à circonstances précises, dans les grands et moyens cycles historiques, sont devenus des icônes de référence auxquelles en s’identifiant définissent un cadre rassurant qui promet une évolution sécurisée dans le monde ou nous vivons.

Bien évidemment et on peut le comprendre, il est plus facile de se caler sur ces définitions parce qu’en règle générale elles déterminent ce les uns et les autres sont sensés attendre des uns et des autres . Ca a le mérite d’être clair, et cela garantit plus ou moins un avenir et permet à l’individu de se projeter. En cela et à temps raisonnable : c’est positif.

A proportions variables, l’individu se sera développé en relation avec ces « autorisations » et « canalisations », mais ce n’est pas une fin.

Cette sécurité éphémère une fois « assurée » se doit d’être un tremplin à la poursuite du développement de soi, à savoir l’éclosion puis la croissance de la pensée libre donc autonome. (Il ne s’agit de réinventer le courant de pensée dit « la libre pensée » dont les termes, bien souvent, ont été galvaudés et réappropriés par des associations de joyeux démons en goguette).

Sur le parcours du chemin individuel, si ces vues de l’esprit ne sont pas démystifiées, elles édifient des prisons en gigogne.

Et combien sont ankylosés par la peur de perdre ces valeurs et leurs fruits. Quand bien même, à terme et à répétition, l'adhésion, la pratique et la consommation de ces derniers s’avèrent systématiquement amères. Et consument leurs énergies restantes et autres capacités intellectuelles à étayer pour un avenir projeté toujours et encore plus loin, sur base même de ce présent tronqué. La boucle est bouclée.

Jamais aucune sécurité sur terre ne sera définitivement ni totalement acquise. Vouloir en passer par là pour commencer à cheminer c’est fuir autant que se mentir. C’est se priver de l’expérience véritable et de la libération qu’elle contient.

Faut-il à son échafaudage y mourir pendu quinze fois,
Pour comprendre qu’on ne construit pas un pont pour traverser la mer.
Vous n’avez qu’une petite coquille qui tangue,
Armée d’une voilure incertaine,
A la merci de tous les vents,
Au gouvernail sur lequel vous n’avez pas la main,
C’est inquiétant,
Mais vous l’avez, et n’avez que ça,
Et c’est avec cela seulement que vous pourrez la traverser,
Cesser de vous consumer à étayer cette sécurité qui vous échappe
Embarquez !!!

Pour autant, en aucun cas il faut rejeter tout en bloc , mais appréhender les groupes quel qu'ils soient, auxquels vous appartenez ou non, comme non plus une finalité ou au contraire une aberration, mais comme autant de passages possibles.

 

 
  POSSESSION INITIATION  
 

Si l’initiation commence toujours par une possession. Et l'adoration, quelque soit son degré et son objet est une des formes d'envoûtement. L’initiable à terme doit se fait vomir de l’estomac de Saturne. Ce dernier peut aussi bien être incarné par le père que par la mère, une religion, une politique, une science, un art, etc.. ou en un mixte de tout cela à proportions variables.

Affronter ses démons et ses illusions, est le gage qui permet de sortir de l'enfer. Mais paradoxalement, ce combat parait beaucoup mille fois plus terrifiant que cet enfer auquel on a fini par s'habituer. Et  où on a développé   des compensations "leurrantes". Celles ci ont pris la place et l'énergie motrice de nos rêves et dévorent notre humanité. Elles nous ont fait démissionner.

Ces rêves nous suggéraient le chemin de la liberté, le chuchotement du coeur et l'amour nous en donnait la force.

Est-il jamais trop tard?
Qui, quoi empêche de
Se pardonner
De pardonner
Et de s'abandonner.

Catherine.

 
     
   
           
           
           
           
           
           
           
           
           
           
           
           
           
           
           
           
           
           
           
           
           
           
           
           
     

 

 

 
 
         
           
           
           
           
           
           
           
           
           
           
           
           
           
         
           
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